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Flèche Love : la dissidence au service d'une révolution musicale.



Amina quitte l'anti-République de Kadebostany. Symbole d'audace et de liberté, elle invite tou.te.s les dissident.e.s à s'unir autour de son nouveau projet, Flèche Love, à dessein d'initier une "révolution culturelle et sociale". Poète, parolière et interprète singulière, elle met sa créativité au service de ses valeurs cardinales : la justice, l'amour, l'harmonie et le rêve. Le message dévoilé est fort : briser les barrières sociétales pour repenser le monde dans lequel nous évoluons tou.te.s grâce à un langage universel, la musique. Dans cet entretien, les portes de l'univers de Flèche Love nous sont ouvertes.


©Mike Sommer

PRÉSENTATION


Alors Amina, d'où viens-tu ?

Je me plais à me dire que je viens de la lune, j'ai un rapport très particulier à la nuit, à l'obscurité.


L'aurore boréale: symbole de la lumière dans l'obscurité

Dans quel cadre as-tu grandi ? Quel(s) souvenir(s) en gardes-tu ?

J'ai grandi avec des parents mélomanes mais pas musiciens. Mon père est un grand fan d'Edith Piaf mais aussi de Sinatra, Nina Simone et Billie Holiday. Ma mère, c'était plus la caution musique du Moyen-Orient, c'est un assez bon équilibre. Je garde un souvenir vaporeux de mon enfance, je me méfie des souvenirs, je me méfie de la mémoire, cependant j'ai confiance en les sensations, ça me force à me fixer dans le présent et c'est mieux pour moi.


Tu as 24 ans aujourd'hui, c'est ça ? Et déjà un sacré parcours...!

J'ai 25 ans :), une année de plus, un quart de siècle, 25 automnes, c'est fou.


Comment tu imaginais ta vie quand tu étais enfant et ado ?

Une amie m'a récemment envoyé sur WhatsApp une capture d'écran d'un questionnaire rempli par moi dans l'un de ses vieux cahiers de copines quand on était en primaire. J'avais 10 ans et j'avais écris que je voulais devenir soit danseuse, chanteuse, styliste ou illustratrice. C'est drôle parce que je dessine super mal, je suis tout juste capable de dessiner une maison en 2D, comme quoi.


Tu avais un rêve ?

Je voulais sauver le monde, et ça, ça m'est restée, et c'est tenace comme volonté, ça part pas comme ça :).


Et maintenant, c'est quoi ton idéal dans la vie ?

Mon idéal, c'est que mon projet solo, Flèche Love, soit un projet qui regroupe toutes mes valeurs, que les gens qui travaillent avec moi se sentent bien, valorisés, et que ceux qui écoutent la musique se sentent faire partie du projet.


Et quel est ton démon ?

Mon démon est polymorphe, il est malin :).


Un dieu, un maître ?

J'ai un grand attrait pour la spiritualité, je crois en la nature, je crois aux énergies, je crois parce que je me rends bien compte que tout ne peut pas tourner autour du tangible, du concret, de ce que l'on voit. Ce serait trop triste.


Quel lieu se rapproche le plus de la "cité idéale" ?

Ce n'est évidemment pas Kadebostany City.

La cité idéale, c'est une cité qui a une capacité à se renouveler. Je n'ai pas encore trouvé, après je ne suis pas allée partout dans le monde, mais je crois qu'il faut d'abord se sentir bien avec soi-même. C'est tentant de chercher en dehors de soi ce qui devrait être à l'intérieur.


De quelle(s) illusion(s) te berces-tu ?

Je ne me berce d'aucune illusion car ce mot est connoté négativement. Je me berce de rêves, le pendant positif de l'illusion.


Qu'est ce qui te met en colère ?

L'injustice. Je deviens incontrôlable quand je me retrouve face à une situation injuste.


Ta devise ?

Je n'en ai pas vraiment, je devrais peut-être me pencher sur la question :).


Ton mot favori ?

AMOUR.


Quel(s) penseur(s) t'accompagne(nt) quoi qu'il arrive ?

Ils sont très nombreux, après cela dépend des moments. Je dois avouer que Le prophète de Khalil Gibran, un livre magnifique, m'accompagne souvent. Lettre à un jeune poète de Rilke c'est ma référence. J'adore lire.


Pour toi l'inspiration c'est...

L'inspiration, c'est l'accueil.


Que places-tu au-dessus du plaisir ?

L'AMOUR.


L'animal que tu préfères à l'Homme ?

J'ai un rapport particulier aux animaux, je les respecte tant, leur capacité d'adaptation qui ne s'accompagne pas par une dynamique de destruction. Je suis une grande fan des documentaires animaliers.


Ton truc pour corrompre la jeunesse ?

Ahahaha, joker !


La question qui te tourmente le plus ?

Une question qui a rapport avec la mort.


PARCOURS MUSICAL


La musique et toi, ça fait longtemps ?

On a tous un rapport à la musique particulier. Je crois que la musique a toujours fait partie de ma vie, du moins j'ai envie de le croire. J'ai toujours chanté, plus ou moins juste :). Je m'en fichais je voulais juste m'exprimer.


Es-tu autodidacte ? Si tu as étudié la musique, le chant..., à quel âge as-tu débuté ?

Je suis autodidacte pour certaines choses, pour d'autres j'ai étudié. J'ai commencé le chant baroque vers 15 ans et ce pendant 4 ans, ensuite j'ai fais du jazz en m'inscrivant dans un atelier dans mon collège vers 15 ans aussi. Le rap je m'y suis mise toute seule. J'allais à des jams une fois par mois et ce pendant une année afin de me frotter à d'autres musiciens, de développer mon oreille, c'était super formateur.


Quelles sont tes influences musicales et tes sources d'inspiration artistiques ?

J'écoute de tout, vraiment. J'aime beaucoup le cinéma, mais je dois avouer que je place la littérature encore au-dessus. J'adore lire et ça m'inspire énormément. Ce qui m'inspire aussi, ce sont les gens dans la rue, leurs conversations... J'ai toujours un dictaphone sur moi pour enregistrer mes idées :).


Ana Mendieta, performeuse cubaine, est l'une des sources d'influence évoquées par Amina

L'appellation "artiste" te convient-elle ? Comment te définis-tu en tant qu'artiste ?

Je trouve que c'est très prétentieux de s'autoproclamer artiste, ce sont les autres qui doivent vous affubler d'un tel titre. Moi, je suis Amina ou Flèche Love, je ne me définis pas. J'aurais peur de ne pas réussir à enjamber les mots, à dépasser la définition.


Qu'est ce que est le plus gratifiant dans ta pratique de la musique ?

Le plus gratifiant, c'est le côté immédiat du chant, le côté émotionnel. Depuis que je suis passée à la composition, je prends un plaisir fou à retranscrire les idées que j'ai dans la tête et à les voir flotter dans l'espace, c'est whaou. En plus je collabore avec Mescalito, un producteur, musicien et ingénieur du son. C'est génial d'échanger, ça m'avait manqué.


Et le plus difficile ou le plus décevant ?

Il n'y a rien de décevant, c'est simplement un processus avec des hauts et des bas.


Tu t'afranchis de l'univers excentrique de Kadebostany que tu accompagnais depuis 2011. Qu'est-ce que tu retiens de ces années ?

L'expérience que j'ai acquise en tant que parolière, musicienne et perfomeuse-chanteuse, autant sur scène qu'en studio. Et surtout, j'ai été l'observatrice privilégiée d'une structure de groupe avec une dynamique de leadership. Grâce à cette expérience sociologique, je suis plus à même de savoir ce que je veux et surtout ce que je ne veux pas. Je suis très observatrice et tout ce que j'ai noté va me servir pour mon projet.


Pourquoi et comment es-tu devenue "dissidente" ?

Je suis devenue une dissidente par nécessité, parce que je suis comme ça, je préfère partir que me taire. Je suis devenue une dissidente car Kadebostany n'est pas en accord avec mes valeurs, notamment leur rapport à la femme, c'est tellement rétrograde. Je ne suis pas d'accord avec l'intérêt de créer un pays qui n'a rien d'une démocratie, surtout qu'aujourd'hui se posent des questions relatives aux frontières, à la migration. La dimension réflexive me manquait. J'étais à l'université en éthnologie et sciences des religions, j'ai aussi travaillé sur les études de genre, du coup, je suis extrêmement sensible à toutes ces questions.


Tu te sens libre, libérée ?

Complétement :).


FLECHE LOVE : UNE REVOLUTION



2016, c'est pour toi une nouvelle naissance : après ton rôle de "Diva", tu présentes Flèche Love, ton projet solo. D'où ça vient ce nom ?

Je déteste le terme de Diva, je ne l'ai pas choisi. Je trouve que ça enferme la femme dans une vision masculine : une diva c'est une femme capricieuse, une femme pénible, ce qui ne me représente pas du tout.


Pour moi, l'image de l'ange qui vise le coeur des amant.e.s avec son arc est évidente. Une conquête de l'amour ?

Oui, une envie d'harmonie, de lier. C'est un sacré challenge :).


Ce sera un nouvel avatar ou la "vraie" Amina derrière le projet ?

C'est toujours moi à 100%, je ne fais pas de comédie. Après ce sera une version améliorée de ma personne, comme si j'avais des super-pouvoirs.


Tu seras seul maître à bord sur le navire Flèche Love ?

Non, heureusement, j'aime trop collaborer pour ça. Il y a Mescalito que je t'ai déjà présenté, ma grande soeur Soraya pour le live et la communication, Baies d'Erelle, une super bijoutière qui vient de Lausanne, qui crée les parures que je porterai en live et sur les photos... pleins d'autres personnes que je vais présenter au fur et à mesure. Pour moi c'est trop important de valoriser mon équipe et c'est un point sur lequel je ne lâcherai rien.


Qu'est ce que tu aimerais aborder dans tes textes ?

Il y a tellement de thématiques qui m'intéressent, difficile de ne pas parler d'amour, de mort, de son enfance, après je cherche à en parler à ma sauce, j'adore la poésie et je l'incorpore le plus possible à mon écriture.


Et dans tes compositions musicales ?

Le côté versatile dans Kadebostany venait aussi de moi, du coup je compte garder ce mode créatif. Je peux juste dire que ça va aller dans tous les sens, avec une envie de partir sur quelque chose d'organique. Ça peut sembler abstrait mais ça résume bien mon son, de la pop organique :).


Quel est ton rêve d'artiste avec le lancement de ta carrière solo ?

Que ce projet touche les gens.


Dans l'absolu, si tu pouvais collaborer avec un.e ou plusieurs artiste.s, vers qui te tournerais-tu ?

Il y en a tellement... Je suis ouverte à la collaboration quelque soit le succès de l'artiste, tant que le morceau me touche.


IDENTITES, GENRES & SEXUALITES


Comme tu l'as évoqué, tu ne te retrouvais pas dans les représentations que les autres membres de Kadebostany entretenaient concernant la femme. De plus, au cours de tes études, tu t'es intéressé aux gender studies. C'est quoi pour toi "être une femme" ?

Je ne crois pas en UNE identité féminine dans laquelle toutes "les femmes" doivent se retrouver. J'ai le même avis quant à l'identité masculine. C'est triste comme vision. Il y a autant d'identité qu'il y a d'êtres humains. Etre une femme c'est aussi une façon d'être éduquée. La phrase de Beauvoir résume bien cette idée : "On ne naît pas femme, on le devient".


Comment te définis-tu en tant que femme ?

Je ne me définis pas, je me permets de flotter. Je cherche d'abord à me définir en tant qu'être humain, savoir qui je suis, et c'est le plus difficile et le plus important.


Quelle est ta vision du genre féminin ?

Pour moi la réponse à cette question est en lien direct avec la réponse de la question qui vient juste avant. Le genre est une façon d'enfermer les êtres humains dans une vision binomiale, une vision en deux dimensions, homme ou femme. Je crois en une infinité de possibilités.


Es-tu sensible au(x) féminisme(s) ? Qu'en penses-tu ?

Je suis sensible aux révolutions, aux combats. Je pense qu'il est nécessaire d'avoir des mouvements qui remettent en question l'ordre établi et, en tant qu'être défini par le genre dit faible, je ne peux qu'être sensible à ces questions. Le seul élément qui me dérange, c'est la nominalisation de la mouvance : "féministe", pour moi, c'est une contradiction. L'envie, c'est de déconstruire le genre et de lutter contre une dynamique patriarcale, mais à travers cette nominalisation, on valide le genre féminin et on le place presque au-dessus du genre dit masculin. Je serais plus en faveur de l'égalitarisme. Je fais partie des gens qui pensent qu'il faut pousser dans le sens inverse afin de finir par trouver un point au milieu.


Dans quel mesure peut-on dire que la société actuelle est sexiste ? As-tu déjàeu une expérience personnelle (témoin, victime...) en terme de sexisme ordinaire ?

On peut dire que la société est sexiste à partir du moment où celle-ci valide le genre et les identités masculine et féminine. Les exemples sont nombreux, et ce dans différents domaines : les iniquités salariales basées sur le genre, les agressions subies par les femmes "à cause de leur vêtements", le talent des femmes remis en question (il y a sûrement un homme là derrière)... J'évolue aussi dehors, je sors, du coup c'est difficile de ne pas vivre le sexisme ordinaire. Je l'ai vécu aussi dans Kadebostany, une femme à cheveux courts ce n'est pas une femme, une femme qui a du caractère c'est un garçon manqué, une femme qui a de l'ambition, pareil. On a voulu me changer, me rendre plus sexy (selon leur conception), mais j'ai tenu bon, et c'est aussi pour ça que j'en suis là aujourd'hui.


D'après les sciences humaines, l'identité renvoie à l'image que l'on se construit de soi-même. Ce concept soulève des interrogations en terme d'identité de genres et de définition de soi. Genre féminin, genre masculin, transidentité, genderfucking... Comment tu te situes par rapport à tout ça ?

Toutes ces notions me passionnent. Je lis beaucoup sur la thématique du genre. J'aime l'idée qu'on puisse brouiller les pistes, qu'on ne soit plus obligé de se sentir entièrement l'un ou l'autre. C'est le travail de tout une vie de se définir, et ce en marge de ce que la société nous impose. Flèche Love, c'est aussi l'envie de développer mes valeurs, et ces valeurs vont aussi dans ce sens, je suis qui je veux être et je ne laisserai personne me changer.


Queer est un mot anglais signifiant étrange, peu commun, bizarre. Ce terme est apparu selon le phénomène d'appropriation du stigmate pour regrouper les identités non-straight (les personnes non-hétéronormées) sous un même terme. Si je te dis que ton univers est queer, ça te parle ?

J'aime la définition initiale, j'aime l'idée d'être étrange, bizarre. Je me suis souvent retrouvée face à des gens qui ne savaient pas où me classer, j'en ai souffert jeune, aujourd'hui c'est une force. Mon univers se doit d'être universel, il est donc queer, mais pas uniquement, car ça voudrait dire que je ne permettrais pas aux hétérosexuel-le-s et aux personnes qui pensent se retrouver dans le côté binomial du genre de faire partie de Flèche Love. Quand je dis faire partie, c'est parce que ce projet à pour but de réunir les gens autour de l'idée de l'amour, du partage. Ca fait un peu flower power, mais c'est vraiment l'idée.


LA SYMBOLIQUE DE L'ENCRE


Le tatouage semble représenter beaucoup pour toi. Pour toi, que représente l'univers du tattoo ?

Le tatouage, c'est un moyen de m'approprier mon corps, de lui offrir ma vision esthétique. Je n'ai pas choisi mon corps. Je peux, certes, le modeler, mais la base est là. Pareil pour mon visage. Pouvoir le magnifier, lui offrir une dimension magique, me réconcilier avec l'idée de ce physique que je dois accepter.


D'oùvient ton rapport au tattoo ?

Mon arrière grand-mère était tatouée sur le visage. C'était une sorcière, elle était plus que magique et elle me semblait indestructible. J'en garde un souvenir fort.


Le chamanisme

À que âge t'es-tu faite tatouer pour la première fois ?

18 ans :);


Combien de tattoos possèdes-tu ? D'oùviennent les choix de motifs ?

Oh ! Je ne pourrais pas compter, je suis un tableau vivant. Une partie de mes tatouages sont des motifs berbères réalisés par Guy le Tatooer, un génie, d'autres plus graphiques par Happypets, d'autres plus magiques par Caroline Vitelli et encore d'autres d'artistes rencontrés lors de mes voyages.


Ont-ils une histoire ?

Les tatouages berbères sont des amulettes, elles me protègent. Certains sont purement esthétiques. C'est drôle parce que des fois le sens se révèle à moi après les avoir fait, quelques mois ou années plus tard.


Tatouages berbères

Te fais-tu piquer au feeling ou tu privilégies l'univers esthétique d'artistes particuliers ?

Avant j'étais plus à privilégier l'univers esthétique, aujourd'hui le feeling est aussi très important.


Vas-tu continuer à te faire encrer ?

Je pense, mais pour l'instant je fais une pause :), sinon je n'aurais plus de place à 30 ans.


Est-ce que tu aimerais porter une pièce exécutée par un artiste en particulier ?

Il y a pleins d'artistes que j'adore, après je suis à un moment de mon processus de tatouage où j'ai besoin d'avoir un feeling avec l'artiste qui pose son art à vie sur moi. Je pense que je vais faire d'autres pièces avec Guy le Tatooer et Caroline Vitelli, ils sont incroyables.


© Guy le Tatooer


Un dernier mot pour la route ? Un dernier sujet que tu souhaites aborder ? Tu as CARTE BLANCHE !

J'aimerais parler encore de Flèche Love. Ce n'est pas qu'un projet musical, c'est une révolution. J'ai dévalisé les librairies anarchistes, les livres qui parlent de leadership, de team building, de genre, de l'industrie de la musique. Je veux vraiment repenser le modèle musical, c'est complexe? je sais? mais je crois au changement. J'ai de l'espoir et je sais qu'il est possible d'imposer ses valeurs, car c'est de cela qu'il s'agit, pas de compromis. J'ai quitté un groupe qui avait un certain succès pour recommencer à zéro un projet qui me convient et je n'ai pas peur car je sais que ce que je fais, je le fais parce que je le ressens comme ça. Je sais aussi que ce projet peut rentrer en résonance avec d'autres personnes qui ont les mêmes valeurs. On essaye de nous faire croire que l'on ne peut pas changer les choses, ça c'est la première barrière à briser, nous on peut, on y arrivera. On est tous capable de mettre en marche ce changement et ce changement ne concerne pas que l'industrie musicale, il est sociétal.

J'invite tous tes lecteurs, lectrices, dissidents, dissidentes à me suivre sur les réseaux sociaux, à grossir les rangs de Flèche Love :


Très bientôt vous allez entendre parler de moi, de nous.

Merci pour ton interview.


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